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> Point de vue | | | > Juin 2010 | ||
L’homme contaminé par la machine ? Les médias nous informent qu’un informaticien britannique est parvenu à inoculer un virus à son propre implant électronique sous la peau. Cette contamination symbolique d’un homme par un virus attire notre attention sur les rapports toujours ambigus entre l’homme et la machine. L’essor technologique du siècle écoulé nous montre la forte attirance de l’homme pour les machines. Dernier avatar d’une série toujours plus longue, la sortie mondiale de la tablette numérique Ipad qui a provoqué des files d’attentes impressionnantes à Tokyo ou Sydney. Cette attirance pour la machine peut se transformer en pathologie. C’est ainsi qu’un récent procès au Japon a reconnu une réalité juridique à l’addiction à internet au même titre que l’alcool et le tabac. La conduite addictive des internautes se manifeste par la perte de la maîtrise de leur comportement, particulièrement de la maîtrise de suspendre ou d'interrompre longtemps leur activité sur Internet. Elle dénoterait une carence psychologique dans la construction de soi. Enfin, il faut souligner la part essentielle que les technologies ont prises dans la communication interpersonnelle, que ce soient l’ordinateur pour le tchat ou les réseaux sociaux, ou encore les téléphones mobiles avec leurs messages courts et autres. Longtemps on a craint que la machine, de plus en plus sophistiquée et de plus en plus intelligente, ne se rende semblable à l’homme et ne se substitue à lui. Et si c’était l’inverse ? Et si c’était l’homme qui était en train de devenir une machine, attiré par ses performances comme le papillon par la lampe ? Un homme non seulement dépendant de la machine ou fragilisé par elle, mais aussi « mécanicisé » c'est-à-dire déshumanisé. Un comportement mécanique est répétitif, sans remise en question, sans sentiment, sans relation sensible à la réalité. L’homme-mécanique appuie sur un bouton et ça devrait marcher ; l’homme-mécanique parle à quelqu’un et il devrait automatiquement être compris ; l’homme-mécanique demande quelque chose et il attend l’obtenir en retour ; il accomplit des actions automatiques, c'est-à-dire sans pensée, qu’il oublie aussitôt. Bref, l’homme-mécanique vit et agit sans vraie relation avec son environnement, en général obsédé par la rapidité et l’efficacité qui tend à éliminer tous les obstacles. La routine le rend prisonnier de l’habitude et éteint sa conscience. Les philosophes matérialistes du XVIIe et XVIIIe siècle avaient affirmé, non sans provocation, l’existence de l’homme-machine, un homme conditionné par ses instincts et somme toute, privé de liberté. Ils faisaient, sans le vouloir, un lointain écho au prisonnier de la caverne de Platon, enchainé et maintenu à la même place toute sa vie. Sommes-nous aujourd’hui à l’abri de devenir cet homme-machine alors que nous évoluons dans un univers sans cesse plus peuplé d’objets artificiels et performants ? N’est-il pas souvent plus facile de parler à une machine qu’à une personne ? Platon a œuvré comme tous les grands philosophes pour libérer l’homme de sa prison. Développer l’attention contre la passivité, la sensibilité contre l’indifférence, l’imagination contre l’habitude, la responsabilité contre l’insouciance, furent quelques-uns des remèdes qu’il proposa aux hommes de son temps, et du nôtre, pour lutter le conditionnement érigé par la mécanicité. Il fit ainsi de la philosophie le plus grand antidote à la contamination de l’homme par la machine. |
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SommairePoint de vueHomme contaminé par la machine On en parle | |||
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Vient de paraître ! ACROPOLIS N°213 mai/aout | |||||
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> On en parle | | | | ||
Une vie pour se mettre au mondeL’ouvrage conjoint de Marie de Hennezel, pyschologue connue pour ses ouvrages sur la vieillesse et la mort et Bertrand Vergely, philosophe auteur de nombreux ouvrages d’accès à la philosophie, offre un regard neuf et serein sur la maturité et la vieillesse. Vivre c’est naitre plusieurs fois ; c’est aussi apprendre à vivre ce qui advient, dans l’acceptation du moment de vie présent ;pour cela, les auteurs soulignent l’importance de cultiver une vie intérieure. La magie de ce livre est de nous rendre gai et serein sur des sujets essentiels et qui font parfois peur. A lire absolument. Carnets nord, 222p, 17 €. |
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> Ils ont dit | Eternel | | programme détaillé sur www.nouvelle-acropole.fr ou sur demande à info@nouvelle-acropole.fr | ||
Shrî Aurobindo – « Après tout, qu'est Dieu ? Un enfant éternel jouant à un jeu éternel dans un éternel jardin. »
Friedrich Nietzsche - «Ce qui m'importe, c'est l'éternelle vivacité et non pas la vie éternelle. » Démocrite – « Les avares subissent le sort des abeilles : ils travaillent comme s'ils devaient vivre éternellement.» Erich Maria Remarque - «Pouvoir oublier est le secret de l'éternelle jeunesse. Nous devenons vieux par le souvenir. » J. R. R. Tolkien - «Les mythes que nous tissons, même s'ils renferment des erreurs, reflètent inévitablement un fragment de la vraie lumière, cette vérité éternelle qui est avec Dieu.» Mère Teresa - «De bonnes paroles peuvent être brèves et faciles à dire mais leur écho est véritablement éternel.» | | Inde du Nord 5 au 18 janvier 2011 Par Laura Winckler
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> Activité du mois Raphaël et la chambre des signatures
Jeudi 10 juin à 20h
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> A lire | Chine | | |||
Le bonheur selon ConfuciusPetit manuel de sagesse universelle Deux mille cinq cents ans de sagesse revu par une chinoise professeur à l’université de Pékin. Elle passe au crible les préceptes confucéens en rapport avec nos conceptions modernes : le bonheur, l’amitié, l’ambition,… Nos yeux voient trop le monde et pas assez le cœur et l’âme enseignait Confucius. A méditer…Yu Dan, Belfond, 182 pages, 18 € | | ||||
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