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Le monde d’après, le monde de tous les défis

Après le Covid-19, un « monde d’après » ? La situation exceptionnelle, imprévisible et brutale vécue par le monde entier contraindrait-elle à vivre autrement ? Ce « monde d’après » est à explorer car il implique de relever de nombreux défis pour que la planète Terre et ses habitants évoluent vers leur destin commun.

En 2015, quand Pablo Servigne et Raphaël Stephens ont écrit Comment tout peut s'effondrer. Petit manuel de collapsologie à l'usage des générations présentes (1) suivi en 2018 de une autre fin du monde est possible, vivre l’effondrement et pas seulement y survivre, (2), ils ont mis en évidence l’existence d’une spirale de croissance infinie au niveau mondial, caractérisée par une augmentation constante et exponentielle de tous les indicateurs (économiques, industriels, sociaux, démographiques, consommation...). Cette situation, si elle n’est pas régulée voire maîtrisée, peut engendrer une période d’instabilité, suivie d’un possible effondrement. Ce concept n’est pas nouveau puisqu’en 1972, le rapport Meadows avait déjà modélisé les perspectives de croissance exponentielle et les risques encourus. Entre temps les écarts se sont creusés entre les plus riches et les plus pauvres (les individus, les classes sociales ou les pays) engendrant de la colère, de la révolte et des manifestations un peu partout dans le monde. Puis le Covid 19 est arrivé de façon brutale et imprévisible générant une crise sanitaire, économique et sociale sans précédent dans le monde entier, avec un arrêt sur images sur le monde d’avant, et des incertitudes, des doutes et des peurs sur le monde d’après.

Nous sommes dans un monde VICA (volatile, incertain, complexe et ambigu) et nous naviguons dans le brouillard, ayant perdu notre orientation et notre bon sens.

Quel sera le monde d’après ? Effondrement ou renaissance ?

La cyclicité de l’histoire et des civilisations

Bien que nous pensions être les seuls à vivre cette situation, il semblerait que d’autres civilisations l’aient vécues avant nous, avec plus ou moins les mêmes symptômes, comme en témoigne la chute de l’empire égyptien ou romain : instabilité, incertitude, fractures économiques, sociales et de classes, montée de la violence, coupure de l’homme avec la spiritualité et la nature, perte de vie morale et d’éthique, recherche de bien-être matériel, individualisme, égoïsme, repli sur soi...

Dans l’histoire, tous ces signes annoncent une période de décadence appelée « moyen-âge », que l’on retrouve à chaque fin de cycle de civilisation.

Ainsi, à l’instar de tous les êtres vivants, chaque civilisation naît, croît et meurt.

Notre civilisation moderne connaîtrait-elle le même sort ? Certains pensent le contraire, en affirmant que le mythe du Progrès est éternel pour le bien-être de l’homme, que l’homme est quasi immortel (l’espérance de vie a augmenté, le transhumanisme promet de grandes capacités physiques, psychologiques et intellectuelles de l’homme...). Ce qui est sûr, c’est qu’il y a un monde d’avant et un monde d’après.

Un changement individuel et collectif nécessaire

Assistons-nous à la fin du monde ou à la fin d’un monde ? Et quel sera le monde de demain ?

Chaque « fin de monde » amène la nécessité d’un changement collectif et individuel.

Collectivement, la « fin de monde » implique de dépasser les vieux paradigmes d’une société qui se meurt, d’entrevoir une vision et un rêve nouveaux, d’imaginer une nouvelle civilisation qui serait ré-enchantée et renouvelée, basée sur le destin commun de l’humanité, sur l’union, la solidarité, l’ouverture aux autres, le lien à soi-même, aux autres et à la nature, le retour à la spiritualité, le retour d’une vie morale, la gouvernance politique basée sur l’éducation et la responsabilité...

Individuellement, la « fin de monde » amène également à se transformer, à éveiller en soi-même des potentialités, à se dépasser et à transcender pour renaître à soi-même, à devenir un héros ordinaire du quotidien (comme le sont aujourd’hui le personnel soignant, les fonctionnaires au service de la ville, le personnel travaillant dans les magasins d’alimentation ou de santé ou livreurs de toutes sortes... avec le Covid 19) ou encore à devenir des héros extraordinaires, comme beaucoup d’hommes et de femmes l’ont été dans l’histoire, à des moments cruciaux où l’avenir du pays ou de certaines alliances étaient en péril.

Pour réussir dans ces changements individuels et collectifs, l’être humain et la société doivent réviser leurs besoins et mettre au cœur de leurs préoccupations des aspirations élevées, profondes, d’auto-réalisation au service d’idéaux nobles et ascendants.

Pour changer le monde, il faut d’abord se changer soi-même et cela implique une formation de soi tant morale que philosophique et psychologique, un savoir-vivre ensemble, un enthousiasme individuel et collectif pour mener à bien et concrètement les aspirations.

Alors, « Le monde d’après : effondrement ou renaissance ? » L’équipe de rédaction de la revue Acropolis vous propose des idées et des thèmes de réflexion sur ce thème dans ce dixième numéro hors-série annuel. Afin de redonner espoir à tous ceux qui se sentent impuissants et démunis face à la situation actuelle, et stimuler l’envie et l’enthousiasme de tous ceux qui veulent agir dans et pour le monde de demain.

(1) Publié par Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Éditions Le Seuil, 2015

(2) Publié par Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle, Éditions Le Seuil, 2018

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